CR Rencontre au Capitole du Libre 20 novembre 2016

De Wiki des communs

ASSEMBLÉE DES COMMUNS TOULOUSE. Cet atelier a été proposé dans le cadre du Capitole du Libre, un événement toulousain sur le logiciel libre et au-delà, qui a lieu chaque année en novembre à Toulouse.

Une vingtaine de personnes étaient présentes pour cette rencontre destinée à relancer le projet de créer une assemblée des communs à Toulouse, initié il y a tout juste un an à la suite de l’organisation à Toulouse du « Temps des Communs », un festival francophone qui s’est déroulé simultanément dans une dizaines de villes en octobre 2015.

Tour de table[modifier | modifier le wikicode]

Un tour de table permet de mesurer la diversité des expériences et des motivations qui pourraient jeter les bases d’une communauté de communs et de « commoners » locaux :

  • Céline a créé « TIPKIN », une plateforme collaborative d’échanges d’outils entre particuliers (initialement développée sous une forme privée et dont le code a été libéré de façon à ce qu’une communauté d’utilisateurs puissent la développer et la faire vivre) et milite au sein de « La Chouette Coop », un projet supermarché coopératif qui comprend déjà une communauté de 600 utilisateurs dont 80 bénévoles actifs.
  • Jean-Noël anime « TV Bruits » une Web TV pour qui l’information représente un commun dont tous les citoyens devraient se préoccuper comme étant une ressource gérée collectivement.
  • Fleur travaille dans une médiathèque pour qui la question des communs de la connaissance est devenu centrale avec l’arrivée du numérique. De plus la possibilité de développer les interactions avec et entre les usagers permet de produire des contenus « communs ».
  • Magali est urbaniste et est convaincue qu’il est important de penser les espaces publics comme un commun afin que les habitants puissent plus souvent en imaginer collectivement les usages et s’impliquer dans leur gestion quotidienne.
  • Nadia est étudiante et a choisi un sujet de Master sur la culture libre considérée comme un commun.
  • Lola est bibliothécaire et souhaite élargir les fonds disponibles libres de droits en lien avec la participation du public, elle a également organisé un hackathon (marathon participatif) pour imaginer la bibliothèque du futur.
  • Pierre est bibliothécaire dans une université et milite activement au sein du collectif SavoirsCom1, consacré aux politiques des Communs de la connaissance
  • Andrea est cofondatrice du Sol-Violette et du Sol-Olympe qui sont des monnaies locales complémentaires à Toulouse et Montauban. Une monnaie complémentaire fonctionne comme un commun qui permet aux citoyens de se réapproprier la monnaie et de décider des critères éthiques de son utilisation. Toute l’expérience et les outils de gouvernance du Sol-Violette sont diffusés en Creative Commons.
  • Jacques est professeur émérite, universitaire à la retraite, militant des logiciels libres et partisan de la libération des publications scientifiques.
  • Thierry est éducateur à Angers, il utilise l’informatique comme support de son travail avec les enfants handicapés en mettant en avant la notion de commun avec par exemple, un projet de ruche connectée open-source et une grainothèque.
  • Gérard est urbaniste et animateur de l’association Solidarité-Villes qui vient d’animer dans le quartier des Arènes un workshop avec une trentaine d’étudiants baptisé « les Arènes en commun » dont l’objectif était d’associer les habitants à la réflexion sur l’espace public en tant que commun.
  • Monik milite dans le SEL Cocagne, un système d’échanges locaux qui met en commun des ressources matérielles (bien et services) et immatérielles (savoir-faire) sous la forme d’échanges réciproques autour d’une unité de temps.
  • Simon anime un tiers-lieu en commun à Lille, la Coroutine. Il consacre l’essentiel de son activité à contribuer à des communs et est un des initiateurs de l’assemblée des communs lilloise.
  • Marilyne anime le collectif MuséoMix de Toulouse qui vient de remixer le Musée Saint-Raymond, un marathon participatif de deux jours pour imaginer et mettre en œuvre des formes de médiation entre le musée et ses publics. Toutes les réalisations de MuséoMix sont des communs open-source dont l’objectif est de faire valoir l’accès à la culture comme un commun.
  • Julie est urbaniste au sein de l’association Solidarité-Villes mais également militante du collectif Disco-soupe qui lutte contre le gaspillage alimentaire en « glanant » les denrées alimentaires abandonnées par leurs distributeurs pour en faire en musique et publiquement des soupes distribuées gratuitement.
  • Florence arrive à Toulouse et souhaite s’investir dans des collectifs qui se reconnaissent dans les communs, notamment autour de la création libre. Le festival ciné-doc Latino qui se tient en même temps que la Capitole du Libre, donne à voir par exemple le développement des communs en Amérique Latine.
  • Lionel est bibliothécaire, co-fondateur du collectif SavoirsCom1. Il a été à l’initiative de « biblio debout » place de la République à Paris, une bibliothèque de rue imaginée comme un commun, dont il a documenté le fonctionnement au regard des règles et du faisceau de droits décrits par Elinor Ostrom.
  • Marc fait aussi partie du collectif SavoirsCom1, il a initié biblio-debout à Toulouse Place du capitole pendant toute la durée d’occupation de la place par Nui Debout.
  • Emmanuelle fait partie de l’association Toulibre qui promeut et défend le logiciel libre, elle a proposé cette année d’inscrire la thématique des communs au Capitole du Libre dont elle est une des bénévoles.
  • Bernard est milite au sein du réseau francophone des communs. Il a initié et animé le festival « le temps des communs » en 2015, qui a permis de programmer une trentaine d’évènements en rapport avec les communs et de remixer l’espace public des Arènes, c’était le 10 octobre 2015.

Contexte des assemblées des Communs[modifier | modifier le wikicode]

L’idée constituer des assemblées des communs a été lancée par Michel Bauwens et s’expérimente sur plusieurs continents. Il s’agit de créer des instances de rencontre et de réflexion entre commoners, afin de montrer que les ressources du vivre ensemble et de l’intérêt collectif peuvent être gérées par leurs citoyens usagers, en se positionnant de manière démocratique sur un espace intermédiaire entre le marché (les entreprises) et la puissance publique (l’État et les collectivités).

A Toulouse trois groupes de travail ont été lancés au début de l’année pour engager ce travail :

  • La réalisation d’une cartographie des communs toulousains grâce à la plateforme communecter.org qui propose de constituer des réseaux sociaux territoriaux. Outre leur localisation et le repérage de leur diversité, il s’agit d’inciter chaque collectif à documenter sa pratique (ressource, communauté, gouvernance) et à tisser des liens territoriaux entre des secteurs qui n’ont pas forcément l’occasion de se rencontrer.
  • L’écriture participative d’une « charte sociale » qui à l’image de la « Magna Carta » signée en 1215 entre le peuple anglais et le Roi Jean, définisse les droits et devoirs des habitants usagers et gestionnaires d’une ressource commune, dont ils s’attachent à régler l’accès, la préservation, la défense contre les enclosures et le développement. Contrairement à la Loi, les chartes sociales constituent une forme de « droit souple » qui s’adapte aux usages et à la nécessité d’innover radicalement être à la hauteur des enjeux de l’indispensable transition vers une société et une économie soutenables.
  • La création en parallèle de l’assemblée des communs, d’une « chambre des communs », passerelle entre le monde économique marchand (les entreprises) et les commoners, en charge de penser la réciprocité coopérative entre ceux qui contribuent librement aux communs et ceux qui valorisent cette ressource sous une forme marchande.

Mais la poignée de commoners motivés par ce travail ayant été pris tout au long de l’année par d’autres engagements militants (Nuit Debout, Alternatiba, Muséomix, le Capitole du Libre…), le projet de créer cette assemblée des communs n’a pas beaucoup avancé. Il s’agit aujourd’hui de le relancer.

L'expérience lilloise[modifier | modifier le wikicode]

De ce point de vue, l’expérience lilloise est intéressante à prendre en compte et peut nous donner des idées pour relancer la dynamique collective.

Les commoners lillois ont décidé de privilégier l’action concrète en mettant en place trois formats de travail :

  • Le premier est un rendez-vous mensuel fixe (même jour de la semaine) autour du temps de midi, qui permet aux commoners d’échanger sur leurs projets autour d’un repas partagé puis de se répartir en ateliers thématiques pour travailler sur les différents sujets de l’assemblée. L’idée est de stimuler la connexion des réseaux et l’envie de faire ensemble.
  • Le second propose un temps de coworking hébergé par un tiers-lieu, qui permet à chacun de travailler à son projet de commun tout en échangeant ou mutualisant avec ses voisins au cours de la session. L’idée est est favoriser le développement d’une forme de « stigmergie »[1] qui favorise l’émergence d’une coordination indirecte entre des acteurs qui suivent chacun leur chemin tout en œuvrant globalement à un même finalité. Ces temps de travail approfondis permettent notamment de documenter chaque communs en les partageant sur un Wiki.
  • Le troisième consiste à mettre en ligne des outils de travail collaboratif permettant à tous les commoners de contribuer de manière asynchrone à l’élaboration du projet global (kanban, Slack…), voire de prendre des décisions collectives (Loomio…).

Perspectives[modifier | modifier le wikicode]

Pour conclure cette réunion, il est proposé d’essayer de mettre en place à Toulouse une méthode de travail similaire à celle expérimentée à Lille.

Emmanuelle et Marilyne se proposent d’organiser les premières rencontres mensuelles. Un sondage Framadate sera mis en place pour trouver le meilleur jour mensuel récurrent.

Compte-rendu rédigé par Emmanuelle et Bernard

Novembre 2016
  1. la stigmergie est un mécanisme de coordination indirecte entre les agents. Le principe est que la trace laissée dans l'environnement par l'action initiale stimule une action suivante, par le même agent ou un agent différent. De cette façon, les actions successives ont tendance à se renforcer et ainsi conduisant à l'émergence spontanée d'activité cohérente, apparemment systématique.