CR pause déj' IF 28 février 2017

De Wiki des communs

Pause déj' du mardi 28 février 2017 à IF : les communs[modifier | modifier le wikicode]

(pad en cours)

Présents :

  • Bernard
  • Simon, fait partie de diverses associations autour des communs
  • Stéphane, résident IF, conseil aux agriculteurs, venu s'informer sur les communs
  • Julie, Solidarité Villes, travaille sur la participation des citoyens dans l'espace urbain. Propose de participer à une cartoparty le mardi 28 mars, à l'occasion d'une prochaine pause déj'
  • Elodie Besse, formatrice, communication et territoires, mémoire sur les Tiers-lieux Participe à un projet de DU à Toulouse Capitole où elle mènera un module sur les Tiers-lieux Recherche des intervenants sur les Communs
  • Sylvain, venu par curiosité, participe à des communs de fait : Alternatiba, la Chouette Coop, Abricoop à la Cartoucherie
  • Caroline, designer, travaille pour Solidarité Villes sur la conception d'outils mobiles urbains, a notamment réalisé un outil pour Parle Avec Elles. Projet d'exposition au quai des savoirs
  • Gérard, urbaniste, fondateur de Solidarité Villes
  • Karen, coaching et formation, notamment marrainage, venue pour comprendre les Communs

Intro sur les communs par Bernard[modifier | modifier le wikicode]

Le concept des communs[modifier | modifier le wikicode]

Les communs est un concept ancien pour permettre à des communautés de gérer et partager des ressources selon les règles qu'elles se donnent.

En partant d'un exemple concret, l'eau pour irriguer des terres, l'eau étant la ressource. Aujourd'hui à part d'anciens systèmes d'irrigation, cela n'évoque plus grand chose.

Dans notre exemple, la ressource est l'eau, la communauté les cultivateurs qui ont besoin d'irriguer leurs terres. Ils se donnent des règles pour partager cette ressource, par exemple un planning d'utilisation de l'eau.

Les communs peuvent prendre des formes juridiques diverses.

D'autres exemples : le marais poitevin est géré comme un commun, le droit d'afouage dans les pyrénées est une façon de gérer la ressource en bois offerte par la forêt.

Ce peut être une ressource plus matérielle. Par exemple, la coopérative d'habitat collectif Abricoop à la cartoucherie. Il y a séparation du droit de propriété et de l'usage du bien : chaque ménage est propriétaire par des parts sociales du bâti, avec le principe de une personne = une voix, et en même temps les habitants sont tous usagers, et se dotent d'une charte notamment pour gérer les espaces communs (laverie, parc, chambre d'amis…).

La renaissance des communs[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 90 on assiste à une renaissance des communs avec l'arrivée d'Internet et la révolution numérique qui a suivi.

(historique des logiciels libres)

Linus Torvald décide par exemple d'offrir le code source de Linux, le noyau du système d'exploitation GNU/Linux, plutôt que le développer de façon classique comme Bill Gates l'a fait avec Microsoft. 25 ans plus tard, c'est un système stable et utilisé dans 75% des équipements qui constituent Internet, ainsi que nos smartphones.

Wikipedia créé en 2002 est une encyclopédie de plus en plus complète et mise à jour régulièrement, appartenant à tous grâce à la licence Creative Commons utilisée pour partager son contenu, et dont les contributeurs doivent suivre un certain nombre de règles pour garder sa cohérence.

Les logiciels libres dont Linux, Wikipedia, sont des communs immatériels ou informationnels.

Historique des communs[modifier | modifier le wikicode]

Les communs étaient la façon la plus classique de gérer des ressources jusqu'au 18ème siècle. En Grande-Bretagne au milieu du 18ème siècle, pour augmenter la productivité de l'agriculture, les parlementaires anglais transforment les terres communes gérées par les habitants en propriétés privées. Les nouveaux propriétaires installent des clôtures, mettent en place un élevage intensif. Les habitants dépossédés, qui auparavant se nourrissaient de l'élevage de leurs modestes troupeaux se nourrissant sur ces terres, doivent se mettre à travailler pour ces propriétaires terriens et deviennent ouvriers agricoles.

Cet épisode est nommé le mouvement des enclosures, qui s'est répandu dans toute l'Europe et le nouveau monde, et dans tous les domaines. Aujourd'hui Monsanto brevette des plantes médicinales pour avoir l'exclusivité et les modifier génétiquement, et les industries culturelles imposent des verrous numériques, les DRM sur les musiques, films ou livres numériques.

Cela coïncide avec l'émergence du capitalisme qui privatise la totalité de nos biens communs. Par exemple l'eau de ville, même si la commune en a la propriété, une délégation à des entreprises privées sur des durées très longues amène de fait à une privatisation de l'eau.

Mais on assiste à la résurgence de formes de gestions en commun, ou plutôt à leur mise en valeur par les travaux de Elinor Ostrom, prix Nobel d'Économie en 2009.

Questions / réponses[modifier | modifier le wikicode]

Techniquement, comment mettre sous licence libre un contenu ?

Pour une œuvre de l'esprit, il suffit d'ajouter la mention de la licence utilisée, par exemple CC-By-SA : toutes les licences Creative Commons possibles.

Pour un logiciel libre c'est similaire, il faut ajouter dans le code un fichier explicitant la licence.

Sur la question de la rémunération, on peut vendre du service autour de logiciels libres, exemple à IF, une SCOOP fournit des services autour de ODOO.

On peut montrer des avantages certains à utiliser des licences libres pour la production intellectuelle : Lilian raconte l'histoire de Animacoop, scoop de formateurs sur l'animation de réseaux et dont les contenus sont libres et continuent d'être améliorés au fur et à mesure des formations.

L'association Outils-réseaux (Montpellier) à l'origine de ces support, ne pouvant plus les maintenir seule, les a mis à disposition, et cela a permi à d'autres structures (Paris, Toulouse, Lille) de les enrichir.

Quels enjeux sur l'agglomération, quels objectifs le groupe des communs Toulousains se donne-t'il ?

Pour le moment on est un petit groupe informel, mais plus globalement : constituer une alternative entre deux systèmes qui trouvent leur limites :

  • le Marché, le libre-échange n'a pas réduit les inégalités et met en péril jusqu'à l'avenir de l'humanité.
  • l'État, dont la gestion verticale a pu amener à des systèmes bureaucratiques, les systèmes communistes en sont une caricature.

Elinor Ostrom a décrit les règles de fonctionnement parmi lesquelles la dissociation de la propriété et de l'usage permettent une gestion d'une ressource plus proche des usages de la communauté.

Par exemple, l'espace public appartient aux communes, mais la gestion se préocuppe peu des usages que les citoyens en font. L'événement du remix aux Arènes en 2015 montre que ce lieu (la place des Arènes) serait un formidable lieu de rencontre, mais est en fait parfaitement impersonnel.

(espaces naturels, gérés par l'État, les entreprises, ou en commun)

(autre objectif : documenter)

(enjeu pour les collectivités : savoir que des gens se saisissent eux-même de problématiques)

(lobbysme ?)

(Réutilisation de communs par les collectivités : OSM)

(Suggestion)

(changement de posture nécessaire de la part des pouvoirs publics)

(question de la gouvernance)

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]