Séminaire ESS : Le commun, les communs

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Séminaire ESS : Le commun, les communs (Gaël Plumecocq, Claire Judde), dans le cadre des séminaires interdisciplinaires du SMS-Labex

Date: le 30 janvier 2017 - 10h-13h

Lieu: MDR Maison de la Recherche de l'Université Jean-Jaurès, Toulouse

Séance coordonnée par Gaël Plumecocq et Claire Judde.

Description: Les sociétés occidentales modernes font de la propriété privée un pilier fondamental du développement. Pourtant, certains objets – les « biens communs » (environnementaux, culturels ou intellectuels, de connaissance ou d’information...) semblent résister à ce phénomène de privatisation. Au-delà de simples rivalités d’usage, la dimension commune de ces biens engage différentes visions du Bien commun en même temps qu’elle nous invite à re-questionner les modes de production et de régulation de leurs usages.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

Notes de Valérie Dagrain :

Environ 50 personnes, la plupart étudiants (master, doctorants) et 3 intervenants.

Intervenante 1: Claire Judde[modifier | modifier le wikicode]

Je suis arrivée lorsque Claire Judde présentait

Intervenant 2: (Julien Osbier?)[modifier | modifier le wikicode]

présentait :

  • l’œuvre majeure de Elinor Ostrom, "Governing the commons"
  • Comment la littérature française ignore des auteurs clés, les sciences politiques ne s’intéressent pas aux communs.
  • Il n'a trouvé que dans les politiques internationales de l'environnement. Ils ne sont que 15 en France. Pour eux les communs sont des biens mondiaux, des ressources naturelles en accès et épuisables.

Positionne que dans la tragédie des communs avec Garrett Hardin (rationalité de surexploitation, rareté à épuisement), E. Ostrom apporte 3 types de solutions: l'état régule les biens communs, la privatisation (donc propriété où il faut payer pour accéder mais garantir un renouvellement), la gestion commune par des communautés (8 règles d'arrangements institutionneles) cad de l'appropriation raisonnée.

  • Les solutions sont sur des petits territoires mais toute la littérature refuse ses solutions locales. Dès qu'il y a politique il y a pouvoir. Même avec un intérêt général international, il y a du pouvoir... donc ça ne suffit pas pour aller vers des solutions.
  • Pourquoi la politique Française refuse ces réflexions des économistes. Citation d'une auteure prix nobel aux USA, sur des sciences politiques et US. Aux USA il y a une porosité entre ces sciences, pas en France.

Donc il ne reste que la Sociologie (CF: P.Bourdieu, Max Weber, E.Durkheim). Cela permet de voir que les sciences politiques restent sous une regard de domination, vertical, opposé à Ostrom sur des arrangements, horizontaux. Le problème, c'est que Sc.Po en France, son objet d'analyse c'est le politique, pas l'Etat.

  • Autres recherches en philosophie avec J.Revel sur l'ontologie des Communs, Delatour en sociologie. Sur la théorisation des Communs, comme mode alternatif du politique.
  • Il rappelle la différence entre les pro. et les profanes (celui qui est placé devant le temps, mis à distance). Les profanes sont des personnes mis en dehors du champ, qui ne participent pas. Ex: voir les primaires, participation indirecte à la politique

Intervenant 3: Adrien Peneranda. Maitre Conf. Science po et science gestion.[modifier | modifier le wikicode]

Issu du monde du management, il a souhaité voir les nouvelles formes de gouvernance et de travail, notamment lié au numérique.

Il explique : Free, Freedom of charge, Freedom of Speech (libre, gratuit et liberté d’expression)

  • cite Jeremy Rifkin sur la fin du capitalisme, qu'avec le numérique le coût est de 0 alors que Google a privatisé durant 10 ans avec google Book, cite les GAFA…
  • il reparle des défenseurs du Libre et des biens communs, E. Ostrom, l'esprit de l'open source.
  • cite Michel Lallemant, "âge du Faire", hackerspaces, Fablabs, makers.
  • Herbert A.Simon sur les sciences de l'artificiel, ouvrage fondateur dans les sciences de l'organisation et influences de la cybernétiques.
  • Historique: Aristote (contemplation, Agir, faire), Thomas D'Aquin (il a installé le bien commun), H.Arendt (action, oeuvre, travail). Il questionne "vers un management des biens communs informationnels. L'économie envahie sur la consommation, les communs sont plutôt un management des ressources.
  • Rappel de l'école de Chicago, libérale mais libertarienne (solutions sans l'état ni le marché mais avec les gens).
  • Se questionne sur la différences entre les Communs selon les anglo-saxons et les français.

En France on semble préoccupé par le territoire, patrimoine, ressource. Et pas les anglo-saxons. Ainsi il faut faire valoir à l’international que c’est un problème de biens communs et pas de ressources. Il pose le problème de l'infrastructure: Internet existe physiquement et ses équipements ne sont pas libres.

  • Le problème c'est que ces sujets semblent ne pouvoir être traité que par de la gestion, de clercs, des élites.

(ici on revient à l'intervenante 1)

Animation par Gaël Plumecocq[modifier | modifier le wikicode]

  • cite Dominique Cardon, aux sources utopies numériques
  • discussions sur la voiture qui a privatisé les espaces et où le piéton n'est plus le bienvenu au cœur de la ville,

la radio en ville, etc... (qui chasse les espaces de rencontres).

Un témoignage de la salle: Une personne en poste dans la protection d'un parc explique les différents enjeux: dès qu'une structure arrive pour protéger un lieu, les populations ressentent un vol identitaire. La montagne était un bien commun, pour d'autres une ressource. Il y a eu une perte d'identité et de mobilisation. Du fait des enjeux politiques, le village devient individualiste et ne se mobilise pas alors que les populations agricoles autour oui.

Des documents: https://www.canal-u.tv/video/universite_toulouse_ii_le_mirail/les_communs_quelles_definitions_quels_enjeux_genevieve_azam.13502 Pour demander les slides des intervenants: Claire Judde de Larivière judde@univ-tlse2.fr

Ostrom 1990 Hardin 1968