Visioconférence assemblées des communs & réseaux de communs

De Wiki des communs

Notes reprises du PAD : https://annuel.framapad.org/p/visio-communs

Jeudi 26 janvier 2016 - 22h

Rendez-vous sur Skype

Inscrits sur Facebook :

  • Caroline Breyer
  • Maïa Dereva
  • Françoise Prouvoyeur
  • Bernard Brunet
  • Sylvia Fredriksson
  • Pierre Fournier
  • Rémi Bocquet
  • Christian Mahieu
  • Julien Lecaille
  • Michel François Bernand-Mantel
  • Pierre Lalu
  • Pierre-Alain Cardona

Présents :

  • Maïa Dereva
  • Julien Lecaille
  • Françoise Prouvoyeur
  • Caroline Breyer
  • Pierre Fournier
  • Matthieu Ladouce
  • MFBM : id : MichelFrancoisBernandMantel
  • (pas skype mais dispo si questions : Emmanuelle Helly aka numahell )

Excusés :

  • Sylvia
  • Rémi Bocquet

Discussion

Pierre : pas mal de choses sur les communs lu Bauwens, P2P Du mal à visualiser dans le concret

Caroline : que les gens se présentent

"Assemblée des communs du repassage" (Mathieu et Françoise repassent en live ;) )

22h10 : on démarre

Présentations :

  • Caroline : 21 ans, assistante de direction dans un hôpital, depuis décembre je réside à Paris (originaire de Rambouillet), Julien Lecaille m'a parlé des communs, j'aimerais bien apprendre à les connaître
  • Michel : je suis déjà allé à Lille où les lIllois sont très pro-actifs sur le sujet des communs. Je dédie tout mon temps et mon activité à développer un web en commun voir share.coop, travaille avec l'Assemblée Virtuelle, basé aux Grands Voisins à Paris > share.coop la démarche reste à expliquer, c'est encore un peu abscons
  • Pierre : 24 ans, étudiant en dernière année de master en ESS au Mans; a rencontré Bauwens , j'ai découvert l'économie collaborative il y a 2 ans (sharefest)
  • Françoise : Lyon (à paris avant), Fabrique lyonnaise des communs, journée l'année dernière en septembre qui réunissait beaucoup de communs, table ronde sur la gouvenrnace, une sur la propriété & le logement, et une sur les tiers lieux. On a fait le temps des communs en 2015 et Villes en biens communs en 2012. Collectif Lyon en communs, on aimerait être un peu plus de de 4 ou 5. Réunion le 2 février pour voir s'il y a des partants
  • Julien : sur la question des communs depuis un peu plus d'un an. Elu local, communs = outil de développement local, Fabrique des mobilités, Nuit du code citoyen
  • Maïa : 42 ans, a créé Semeoz.info intiatives constructives fin 2015 : assemblée des communs de Lille; contribue à de nombreux communs P2P foundation, assemblée virtuelle. Contributrice aux communs à temps plein
  • Matthieu : 37 ans, diplômé d'école de commerce, vécu à l'étranger (Japon), puis en France travail pr un acteur de l'ESS (Ciel Bleu), marketing, communication, chef de projet chez OVH (mon dernier poste), envie de s'impliquer dans la société, participe à divers projets, à plein temps hors du travail classique, école démocratique sur la métropole lilloise, rencontré les communs où je m'intéresse au sujet de la communication, story board d'une vidéo qui présenterait les communs de façon simple et courte (avec Maïa et Numahell), Open Source Ecology. Chantier qui m'intéresse beaucoup : chambre des communs, alternative crédible au modèle d'emploi qui existe aujourd'hui
  • (pas sur skype : Emmanuelle aka numahell des communs à Toulouse, développeuse web de métier, a milité à Toulibre groupe d'utilisateurs utilisatrices de logiciels libres, participe à Alternatiba Toulouse)

Profils différents : certains découvrent les communs, d'autres connaissent depuis longtemps Sans faire une initiation complète, on peut rappeler un peu le concept

  • Françoise : Très bon article dans Le Monde de Dardot et Laval : le commun est d'abord singulier, plutôt une attitude, un "en commun", auto-institution de la société pour s'auto-gouverner, beaucoup de travail sur la gouvernance, garder les ressources intactes
  • Matthieu : pour moi il y a 3 blocs : la communauté (des gens qui ont envie de faire quelque chose ensemble) + la ressource (ce à partir de quoi ils vont faire quelque chose ensemble) + les règles (décident ensemble les règles autour de la ressource et de comment ils vont fonctionner ensemble)
  • Michel : notion de commun ouvert ou fermé.. un commun fermé est il encore un commun?
  • Pierre : pourquoi on le fait ? questions de gouvernance et ressource découlent de ça. Le modèle coopératif : il y a un intérêt commun des membres. Les structures servent l'intérêt des membres.
  • Maïa : il ne faut pas confondre commun et ouvert
  • Julien : on jongle avec des logiques d'ouverture et de fermeture, bien définir les limites.. on essaie de rester ouvert mais dès lors qu'on institue des règles, il y a une forme de fermeture
  • Caroline : se mettre ensemble pour faire des choses en commun, beaucoup de gens font des choses qui peuvent être considérées comme des communs

Communecter : https://www.communecter.org plateforme pour mettre en commun tout ce qu'on a comme ressources communes autour de nous, j'ai l'impression que le projet est un peu au point mort Je trouve que les communs ça permet de ne pas se retrouver seul.

  • Julien : Communecter est à sa version 0.2, le projet avance bien et de plus en plus vite

Proposition d'éléments d'un commun par unisson http://unisson.lescommuns.org/tableau-des-ingredients/ https://fr.wikibooks.org/wiki/Construire_des_communs/Synthese

  • Caroline : aimerait bien être à nouveau associée au projet Communecter → sur https://chat.lescommuns.org il y a plusieurs salons de discussions autour de communecter (tous ceux qui commencent par "co_" et CO2_brainstorm pour la version 0.2)
  • Pierre : sujet un peu tendu "démocratie-gouvernance-
  • Maïa : il existe plein de règles différentes de gouvernance horizontale

Stigmergie : chacun fait ce qu'il veut du moment qu'il prend des notes

Holacratie : pas de hiérarchie mais des cercles

Consensus : on essaie de se mettre tous d'accord (long)

Consentement : on avance tant qu'il y a pas de blocage

Lille : on écoute les objections, mais on ne cherche pas un accord global

Loomio permet la gouvernance par consentement

Question de gouvernance : besoin de créer une base des modes de gouvernance contacter mathieu https://drive.google.com/file/d/0Bzc814FphQ-QRGRwSDF0WGR3LWM/view?usp=sharing

peu de réflexion sur les types de gouvernance en France, difficulté à penser le pouvoir

  • Françoise : association verticale, sur le terrain, organisation en communs

MIN : 9 mois pour avoir une co-gouvernance

Respecter ce qu'ils pensent aux gens, puis on fait les choses différemment

mettre des couches de travail fait ailleurs / pratiques pour les solutions

  • Julien : faut-il seulement parler de gouvernance ?
  • Françoise : quand on parle de gouvernance, on rentre tout de suite dans des aspects "politiques", dans les différents projets, pas mal de personnes sont des militants "anti USA". Comment rester fluide ? Ouverts ? et avancer, devenir plus agiles, donner des solutions de vivre ensemble. Je pense que ça va être difficile, c'est pour cela que je part tout de suite sur la gouvernance.
  • Pierre : je pense qu'il faut rester sur un plan pragmatique et pas politique; Ce qui manque c'est de la méthodo, des outils, comme par exemple Loomio qui permettrait de révolutionner les pratiques de milliers d'organisations en France. Comme chaque structure a sa propre vision, sa propre culture, c'est difficile de créer quelque chose d'unis, fédéré. Les communs c'est un peu comme "une religion" où il y a à la fois des gens d'extrême gauche et d'extrême droite en même temps. Lister tous les outils de facilitation de ces sujets qui existent. Beaucoup de structures anciennes ont peur d'assumer ce changement. Provoquer un déclic au niveau des pratiques avant d'aller sur le terrain politique. On a beau être très différents, on peut se rejoindre sur les aspects pragmatiques et techniques.
  • Emmanuelle : (Petite aparté dans la conversation, hors skype : ici à Toulouse dans le réseau des communs on essaie d'être dans le concret pour le moment, on débute seulement : s'échanger les nouvelles de nos communs respectifs, participer ensemble à un événement, une expo pour y insérer du commun, échanger nos pratiques. Côté théorie on essaie de mettre en place des ateliers pour transmettre la connaissance autour des communs.)

sinon tout ce que je lis de votre échange est très enrichissant :)

  • Michel : quand on a prévu la réunion, j'avais glissé sur FB le projet de la Coop des communs. Ce qui me semble important, c'est que chaque sujet soit bien documenté et de travailler par projets. Commons to Commons par exemple utilise un #Code Social qui définit le mode de gouvernance, la structure, ce qu'est le projet, ce qu'il doit devenir, statut juridique, etc... Pour share.coop situé dans le secteur lucratif mais à vocation philanthropique, on va verrouiller le capital en amont. Chaque commun doit faire l'objet d'un code social afin de bien définir tout ça.

http://commonstocommons.org/ (le code social : http://commonstocommons.org/code-social-commons-to-commons/ )

  • Françoise : travailler assez rapidement sur les nouvelles possibilités informatiques, notamment la blockchain
  • Caroline : je peux faire passer des informations sur la blockchain

Maia : code social, on y travaille à Lille, on essaie d'avoir un schéma assez large et souple (+ sémantisation avec Assemblée Virtuelle)

Code social de Commonstocommons.org http://commonstocommons.org/code-social-commons-to-commons/

  • Pierre : organisations qui existent depuis longtemps Plein de formes juridiques possibles pour les communs
  • Julien : même une grosse société commerciale peut être un commun chez Elinor Ostrom
  • Maïa : Le commun c'est faire des choses ensemble (Cf Pierre Thomé)
  • Françoise : le politique c'est la façon de vivre. Ça dépend aussi du pays dans lequel on vit, exemple de l'héritage pour des gens qui veulent vivre ensemble. Il faut vraiment ficeler le programme par exemple pour déshériter les enfants ce qui risque de fiche en l'air tout le projet (tontines, usufruit...). Idem pour les rétributions.
  • Pierre : politique au sens grec "vie de la cité". Un autre sujet qui peut "foutre en l'air des projets" est la question de l'idéologie. Si les règles sont bien définies sans idéologie ça peut être un levier de faire reculer les barrières. Pour ne pas rester dans un certain entre soi.
  • Caroline : les modes de gouvernance c'est assez compliqué. A nuit debout, on a un modérateur, une élection avec ou sans candidat, tirage au sort. On a des gestes pour exprimer d'accord, pas d'accord, réponse directe, etc... On a déjà eu des problèmes à certaines assemblées, maintenant ça repart un peu mieux.
  • Pierre : les ressources sont multiples : eau, air, connaissance, etc...
  • Caroline : les communs c'est aussi la solidarité, le partage
  • Julien : histoire intellectuelle plutôt autour des ressources naturelles partagées (pâturages,...). Revenus avec les outils numériques,... arc de ressource qui part des communs environnementaux vers les communs immatériels (logiciels, base de données,...). Au milieu expérimentations : communs sociaux, communs urbains, communs de la connaissance. Recherches et définitions en cours.
  • Pierre : villages en transition comme Loos en Gohelle et Ungerswert (???), chiffre qui m'a interpellé : dans ces villages il y a 50% de votes pour le front national
  • Françoise : c'est évidemment ce qui revient à la surface très vite, on peut prendre des exemples de gens qui se mettent ensemble pour faire un parc fermé de vie commune entre personnes de même classe sociale. Ex. Le Pylat , ils ont demandé aux gens ce qu'ils décidaient pour un lotissement. Si les gens ne se posent pas de question et invitent tous les citoyens à participer, tout dépend si les gens veulent aller très fort dans la sécurité, pas de gens de couleur, même classe sociale, etc... Ça peut être du meilleur et du pire si il n'y a que "partager" quelque chose. Il me semble qu'on peut aller plus loin maintenant en France pour voir comment on veut vivre ensemble avec un fonctionnement de commun.
  • Matthieu : pas trop envie d'aller sur ce terrain là car c'est déjà une politisation. Etre dans le pragmatique et le faire, c'est une position a-politique. Je préfère l'inclusion. Construire un récit, c'est un terrain glissant. Je pense que c'est à double tranchant.
  • Caroline : le mouvement Nuit Debout est très inclusif et n'exclut personne.

Pierre : la question du récit n'est pas forcément sur une question de parti politique. Exemple du jardin partagé : comment tu le documentes ? Quelle est l'histoire de ce commun ? On vit une expérience concrète : comment créer un récit pour mieux l'expliquer vis à vis de l'environnement.

  • Matthieu : souvent je râle contre les wikis car ce n'est pas facile d'accès pour un nouvel arrivant, mais il y a un gros travail de documentation par les communs. Il faudrait mieux la mettre en valeur de manière plus accessible.

http://wiki.lescommuns.org/wiki/Accueil

  • Maia : code social :description la plus précise de ce qui existe (histoire, étapes), plutôt que de de se mettre d'accord. Problème de vues divergentes, comment les traiter. Il faut partager les objectifs, mais pas s'avancer trop sur le "comment"

On fait, on voit ce qui c'est passé, et on documente.

  • Françoise : Quand on fait un appel d'offres : mettre en creative commons, expliquer dans le détail, les gens n'ont pas toujours envie de documenter, ce n'est pas facile.

Avec l'administration, il faut des documents déjà prêts, à récupérer

  • Pierre : existe-t-il des documents qui expliquent comment créer une bonne documentation ou pourquoi c'est important de noter ?
  • Julien : Description de la stigmergie : www.lilianricaud.com/travail-en-reseau/la-stigmergie-un-nouvelle-modele-de-gouvernance-collaborative/
  • Françoise : Travail sur un Fablab sur un Framateam, prise de responsabilité

NuitDebout Lyon : des jeunes qui n'avaient jamais eu à décider de quoi que ce soit, ils votent pour tout (vider les poubelles, etc...), manque d'autonomie Laisser les personnes agir et leur faire confiance, le framateam ça marche bien

  • Pierre : vieille association d'éducation populaire où on invite chaque jeune personne à écrire son vécu, puis il est accompagné par un adulte. Ça lui permet de voir ce qu'il a fait dans la structure, ses actions, ses décisions, il prend conscience de son évolution (savoir faire, savoir être)
  • Françoise : on peut se baser sur ces expériences
  • Pierre : à Nuit Debout quelque fois à Paris, ce n'est pas clair, ce n'est pas facile, ça ne donne pas forcément envie de venir et de participer
  • Françoise : ça permet de tenir devant la harangue, les gens peuvent repartir la racine de manière autonome
  • Pierre : partant pour bosser sur la méthodo de documentation
  • Caroline : c'est très difficile de faire des choses en commun car on a des visions différentes. Le problème de ces groupes c'est que ça peut mourir car il n'y a pas de leader.
  • Maïa : en effet, question de la pérennité de la ressource, comment protéger le commmun des aléas relationnels

Comment protéger la ressource pour préserver le commun, même s'il y a des tensions dans le groupe ?

  • Emm: c'est pour ça que c'est intéressant de travailler avec un groupe local, plus concret, voir les gens est motivant
  • Pierre : Educ Pop : transformer la société par l'action collective, émancipation par l'action, donner de l'esprit critique pour penser par soi même
  • Maïa : Méthode à Lille : accueil des élans contributifs + bienveillance
  • Matthieu : s'il y a trop d'idéologie, ça empêche de travailler ensemble. Si tu poses quelques questions, tu vois très vite qui est capable de revenir sur un avis et de bouger. C'est le meilleur signe pour voir s'il ya quelque chose à faire ensemble.
  • Pierre : article "pourquoi j'ai décidé d'arrêter de changer le monde". Il y a cette espace de parole ici ce soir. Il y a cette espace de critiquer.
  • Matthieu : c'est aussi parce que la critique est constructive, pour faire émerger des solutions.
  • Françoise : il me semble qu'il y a une partie de production des communs qui n'est pas prise en compte. Ex. Open Street Map il y a d'abord le produit. Les gens contribuent à un produit. On produit de la donnée, on maintient cette donnée, on essaye de voir que cette donnée soit toujours juste. C'est comme wikipedia. On ne demande pas aux gens qui ils sont mais comment ils font. Certains contribuent énormément. On n'est pas obligé de dire qui on est. La gouvernance est fixée, gérée par le produit lui-même. C'est une force. Il doit bien y avoir d'autres communs comme ça. Peut-être dans l'agriculture. Le mouvement des communs peut être pris de différentes façons.

Conclusions

  • Matthieu : points soulevés à propos des méthodologies très intéressant. Travail à faire sur les pratiques, les gouvernances pour le documenter. Formaliser quelque chose là-dessus. Proposer des outils. Comment on rentre dans un commun ? Le faire d'une manière bien visible. Comment bien faire pour faire bien ensemble...
  • Pierre : oui, j'ai du temps sur ces questions. On reste en contact pour voir comment on peut travailler et comment je peux apporter mon expérience.

+ document partagé : https://drive.google.com/file/d/0Bzc814FphQ-QRGRwSDF0WGR3LWM/view?usp=sharing

Les objectifs : http://wiki.lescommuns.org/wiki/Assembl%C3%A9es_des_Communs